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Fiche conseil · 6 min de lecture

Stock d’agence : point de commande, stock de sécurité, inventaire tournant

Dans la plupart des agences, le stock est piloté à l’œil : on commande quand l’étagère paraît vide. Résultat, on manque de ce qui sert tous les jours et on dort sur ce qui n’a pas bougé depuis deux ans. Trois chiffres suffisent à changer ça.

Allée de magasin d’agence avec rayonnages de pièces et couronnes de câble, un magasinier en activité
Allée de magasin d’agence avec rayonnages de pièces et couronnes de câble, un magasinier en activité.

Le point de commande, en une ligne

La question n’est pas « combien commander », c’est « à quel niveau déclencher ». Le point de commande est le niveau de stock à partir duquel il faut repasser commande pour ne pas tomber en rupture avant la livraison.

Point de commande = consommation moyenne × délai de réapprovisionnement + stock de sécurité

Avec une consommation de 20 unités par semaine et un délai fournisseur de 2 semaines, il faut déclencher à 40 unités, plus le stock de sécurité. Rien de plus compliqué que ça — mais il faut les trois chiffres, et c’est là que ça bloque.

Le délai fournisseur : le chiffre qu’on n’a jamais

C’est le maillon faible de la plupart des agences. On croit connaître le délai parce que le fournisseur l’annonce. Le délai qui compte est le délai réel constaté, de la commande à la mise en rayon, et il inclut le temps de traitement interne.

Il se mesure simplement : date de commande, date de réception, sur les vingt dernières lignes. On découvre souvent que les trois jours annoncés en font sept, et que cet écart explique à lui seul la moitié des ruptures.

Sa variabilité compte autant que sa moyenne. Un fournisseur régulier à sept jours est plus facile à gérer qu’un fournisseur à trois jours qui en met parfois quinze.

Le stock de sécurité : couvrir l’aléa, pas le confort

Le stock de sécurité absorbe deux choses : une consommation plus forte que prévu, et un délai plus long que prévu. Plus ces deux grandeurs sont variables, plus il doit être épais.

Il se dimensionne contre un taux de service visé : accepte-t-on d’être en rupture une fois sur vingt, ou une fois sur cent ? La réponse n’est pas la même pour un consommable qui arrête un chantier et pour une référence dont on peut se passer deux jours.

D’où une règle simple : il n’y a pas un stock de sécurité, il y en a plusieurs, selon la criticité de la référence. Appliquer un mois de couverture à tout le catalogue est le moyen le plus sûr d’immobiliser de la trésorerie sans supprimer les ruptures.

Le classement ABC : ne pas traiter tout le monde pareil

Dans un magasin d’agence, une poignée de références fait l’essentiel des sorties, et une longue traîne ne bouge presque pas. Le classement ABC met ce déséquilibre au travail.

  • Classe A : peu de références, l’essentiel de la valeur consommée. Elles méritent un point de commande calculé, un suivi serré et un inventaire fréquent.
  • Classe B : intermédiaire, traitement standard.
  • Classe C : beaucoup de références, peu de valeur. Un stock plus large coûte peu et évite de passer du temps dessus.

Le classement peut se faire sur la valeur consommée, sur le nombre de sorties, ou mieux, sur les deux croisés. Une référence à faible valeur mais sortie tous les jours doit être traitée comme une A.

L’inventaire tournant plutôt que l’inventaire annuel

L’inventaire annuel a deux défauts : il immobilise l’agence une journée entière, et il corrige les écarts une fois par an — c’est-à-dire qu’il vit onze mois avec des stocks faux.

L’inventaire tournant compte en permanence une petite partie du stock, en suivant les classes :

  • Les références A, plusieurs fois par an.
  • Les B, une à deux fois.
  • Les C, une fois, voire par échantillonnage.

La charge est la même ou moindre, elle est étalée, et le stock reste juste toute l’année. C’est surtout ce qui permet de faire confiance au point de commande : un calcul fondé sur un stock théorique faux ne sert à rien.

Les indicateurs à tenir, et les deux seuls qui comptent vraiment

Le taux de rotation — consommation annuelle divisée par le stock moyen — dit si le stock travaille. Une rotation de 1 signifie un an de stock immobilisé.

Le taux de service — part des demandes servies immédiatement — dit si le stock remplit son rôle. C’est le seul indicateur que les équipes terrain reconnaissent.

Les deux ensemble racontent toute l’histoire. Une rotation élevée avec un mauvais taux de service, c’est un stock trop maigre. Une rotation faible avec un bon taux de service, c’est un stock confortable qu’on paie cher.

Le stock dormant, et la décision qu’on repousse

Toute agence a des références sans mouvement depuis dix-huit ou vingt-quatre mois. Elles occupent de la place, faussent la valeur du stock et finissent souvent à la benne au déménagement.

Les identifier est facile : une requête sur la date de dernière sortie. Décider est plus difficile, parce que « on ne sait jamais ». Fixer une règle écrite — dépréciation, retour fournisseur, solde interne, mise au rebut au-delà de tel délai — évite d’avoir à trancher au cas par cas, ce qui ne se fait jamais.

Ce qu’il faut garder

  • Point de commande = consommation × délai réel + stock de sécurité. Trois chiffres, pas un de plus.
  • Mesurer le délai fournisseur constaté, et sa variabilité, plutôt que celui qui est annoncé.
  • Un stock de sécurité par classe de criticité, pas un pour tout le catalogue.
  • L’inventaire tournant remplace l’inventaire annuel et rend le stock théorique fiable.
  • Rotation et taux de service ensemble : l’un sans l’autre ne dit rien.

PROMACEO STOCK calcule le point de commande à partir des sorties réelles et du délai fournisseur, signale les ruptures qui approchent et organise l’inventaire tournant par classe.

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Cette fiche est un repère méthodologique rédigé à partir de la pratique de terrain. Elle ne constitue ni un conseil juridique, ni un conseil réglementaire, et ne dispense pas de lire les pièces de votre marché ni de consulter un professionnel compétent sur votre situation.